Tintamarres mars 2015

Bientôt le Printemps : avec les hirondelles, les Tintamarres reviennent!

Nos rendez-vous ont un peu changé. D’abord on leur a  ajouté un « s », mais ce sont toujours trois jours conviviaux, dédiés  à l’électroacoustique à la Cité de la Musique de Marseille, en entrée libre, sur réservation.

Cette année, ils seront consacrés à Luc et Brunhild Ferrari, en présence de Brunhild. On y tentera une « esquisse d’un portrait de couple ».

Voici donc le programme, conçu par Maxime Barthélémy :

La soirée du 16 Mars

Tintamarres #Jour1 : Rencontre et Film

Elle débutera à 18 heure 15 par un moment  de rencontre avec  Brunhild Ferrari. Il y sera question du Hörspiel et on écoutera des oeuvres composées par  Luc Ferrari seul, ou écrites par Luc et Brunhild ensemble.

Elle se poursuivra à 20h30 avec la projection du film LUC FERRARI FACE A SA TAUTOLOGIEDEUX JOURS AVANT LA FIN (52’50) Film réalisé par Guy Marc Hinant et Dominique Lohlé – 2007

© Christophe Hauser

L’argument : « En Juillet 2005, à la Muse en Circuit, studio historique d’Alfortville, le  compositeur français, Luc Ferrari ressort une partition ancienne, Tautologos III,  pour l’enregistrer avec deux jeunes musiciens. La pièce est une œuvre ouverte et  tous, musiciens, techniciens, participent à sa lente (et parfois fulgurante) élaboration. Il faudra 2 jours à Luc et aux musiciens, Jean Philippe Collard Neven et Vincent Royer pour parvenir à produire un temps à la fois suspendu et violent. »

Un peu plus d’un mois après cette expérimentation, Luc décède. Ce fut donc son dernier jeu.

 

Mardi 17 Mars à 20 heures 30

Tintamarres #Jour2 : Concert

Pour compléter ce portrait Brunhild Ferrari, Maxime Barthélemy & les élèves de la classe de composition électroacoustique interpréteront des oeuvres de Brunhild et Luc Ferrari sur un ensemble de haut-parleurs.

Au programme :

  • Unheimlich Schön | LUC FERRARI 1971

« Comment respire une jeune femme qui pense à autre chose… »

  • Extérieur – Jour | BRUNHILD FERRARI janvier – février 2014

« J’ai voulu cette pièce comme une respiration calme, mais tel que le Présent ne peut exister la Quiétude est une illusion.

Évoquant des images en moi d’un lieu que je ne pouvais qu’imaginer, il m’importait de travailler sur quelques-uns des matériaux sonores reçu de Chino, pensant aux jeunes étudiants qui pourraient reconnaître certains de leurs sons, reconnaître les lieux, les personnes, les lumières et pouvaient se remémorer leur disposition pendant l’enregistrement. Leurs sons sont intimement combinés dans une illusion visuelle avec les miens. Cette pièce est dédiée à Chino City. »

  • Étude aux accidents | LUC FERRARI 1958

Pour cette étude, l’auteur, encore peu familiarisé avec la musique expérimentale, a choisi sa matière musicale un peu diversifiée. Il limite ainsi le nombre de corps sonores et, en cherchant l’originalité des objets musicaux aussi bien que de l’enregistrement sonore, il a réduit la manipulation électroacoustique au minimum. Les «accidents», éléments sonores inattendus faisant irruption en sont produits ici par agitations rythmiques de tiges intervenant dans le corps d’une note de piano (piano préparé). Les  accidents sont pris pour eux-mêmes, l’effet de surprise qui les accompagne s’en trouve atténué et il reste une logique interne de l’événement sonore.
(Extrait du programme du 1er concert du Festival de la Recherche INA 1960)

  • Étude aux sons tendus | LUC FERRARI 1958 (2’44)

« Les effets sonores de cette étude sont obtenus à partir de divers matériaux alternativement tendus et
détendus devant le micro. Ils apparaissent sous forme de structures rythmiques tantôt très denses, tantôt très déliée dont l’origine dynamique est perceptible. Ainsi l’élan sonore, sans cesse brisé, crée une surprise qui n’était pas recherchée en tant que telle, et devient un élément de l’organisation.

  • Étude Floue | LUC FERRARI 1958

ENTRACTE

  • Les Arythmiques | LUC FERRARI mai – novembre 2003

« Le matin du 29 mai 2003 quand je me suis réveillé
je ne pouvais plus respirer. On m’a transporté aux urgences et là on m’a dit que j’avais une arythmie cardiaque. Ils m’ont fait un électrocardiogramme et ils me l’ont montré. J’ai trouvé que les arythmies n’étaient pas très intéressantes que je pouvais faire mieux. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de faire une composition électroacoustique qui s’appellerait
“Les Arythmiques”.

Mercredi 17 Mars à 19h00

Tintamarres #Jour3 : Electrochocs

Concert trimestriel avec les pièces des élèves de la classe d’électroacoustique.

 Et du 10 au 20 mars : installation sonore « Sans appel »

proposée par Sand, artiste plasticienne , élève de notre classe de composition électroacoustique

 

A propos de Luc Ferrari…en attendant Brunhild

Une œuvre essentielle, un parcours riche et toujours retravaillé par ses soins, sans ressassement. Une indépendance affirmée qui laisse toute la place aux autres (compagne, jeunes musiciens, auditeurs…). Luc Ferrari tient une place particulière dans la musique électroacoustique.

« Une histoire aiguillée par le plaisir autant que par la désolation » (David Sanson, revue Mouvement, automne 2004). Et on ajoutera aussi par un bel exercice de la liberté. « J’ai besoin des instruments, et pas uniquement des choses qu’on fabrique en studio. (…) Et puis je ne suis pas fait pour faire toujours la même chose, ça ne m’intéresse pas (…) ». (idem)

Pour plonger dans la densité de son œuvre, sa discographie, ses réflexions, on s’immergera ici : http://www.lucferrari.org/ Conçu et animé par l’association Presque Rien, ce site constitue une cartographie vivante et complète de l’univers ferrarien.

Pour le revoir aux côtés de Jean Dubuffet, écouter / voir ses œuvres majeures ou passer une heure en sa compagnie, on se rendra sur le site de l’Ina, où plusieurs films précieux sont à disposition.

Enfin, nous vous renvoyons vers:

ce beau portrait sensible du compositeur au travail: « Luc Ferrari compose » réalisé par  Marie Surel pour Arte Radio. Onze minutes de propos, de sons, de simplicité et de partage. Avec le sourire.

« Brunhild et son programme commun avec Luc Ferrari ». Dans le cadre de l’Atelier du Son diffusé sur France Culture en 2013, Thomas Baumgartner recevait la compositrice, pour évoquer sa vie, son travail et celui de Luc Ferrari. Un beau moment radiophonique pour préparer ou prolonger nos trois jours de Tintamarres.

« C’est un peu se mettre au creux de son oreille »

Luc & Brunhild Ferrari D.R.

 

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