Tintamarre, le film #1

Au programme de Tintamarre en 2014 :

Berlin, symphonie d’une grande ville.

Réalisé en 1927 par Walter Ruttmann, « Berlin, symphonie d’une grande ville » est la plus connue des « Symphonies Urbaines ».

Signant l’acte de naissance des films documentaires, le genre naît dans les années 1920. Il témoigne de l’intérêt porté par les cinéastes à la relation entre l’espace et le temps.

La première œuvre connue  est   « New York 1911″ du suédois Julius Jaenzon (1911).

Nous n’avons pas trouvé trace de ce film sur la toile. Si quelqu’un en connaît ou en trouve, nous sommes preneuses!

Quelques œuvres emblématiques  :

  •  Manhatta

Court documentaire réalisé par le peintre Paul Strand et le photographe Charles Sheeler en 1921. Strand fit allusion aux circonstances de leur collaboration pour Manhatta : « Mr Sheeler avait acheté une belle caméra Debrie et proposa que nous fassions ensemble une sorte de film expérimental sur New York ».

Le film est un montage de plans de Manhattan où viennent s’insérer des intertitres empruntés à la poésie de Walt Whitman, en particulier son poème Mannahatta (1860) qui donnera le titre définitif du film.  On peut le voir ici :

 

 

  •  Rien que les Heures   

Réalisé en 1926 par Alberto Cavalcanti

Rien que les heures Alberto Cavalcanti
Une image du film « Rien que les heures » d’Alberto Cavalcanti

« Premier film du cinéaste brésilien d’avant-garde, décorateur de L’Inhumaine de Marcel L’Herbier et futur pilier de l’école documentaire britannique. Maniant surimpressions et cadrages en oblique, ce film tourné en 35 mm explore les différentes facettes de la capitale au cours d’une journée, des quartiers populaires aux bas-fonds » (Source site du Musée du Jeu de Paume)

On vous propose de le voir ici (45mn environ) :

 

• Moscou

Mikhail Kaufman & Ilya Kopalin, 1927
Film documentaire sur la ville de Moscou, son architecture, le travail de ses entreprises et la vie quotidienne de ses habitants. (Source : F
orum des images)

Plan du film « Moscou » de Mikhail Kaufman et Ilya Kopalin
  • A propos de Nice

Jean Vigo et Boris Kaufman réalisent ce film en 1929. Il sort l’année suivante dans le cadre de la série Cités Symphonies.

Jean Vigo introduit le film par cette phrase : « Ciel bleu, maisons blanches, mer éblouie, soleil, fleurs multicolores, cœurs en liesse, telle apparaît d’abord l’ambiance niçoise. Mais ce n’est là que l’apparence éphémère, fugitive, et que la mort guette, d’une ville de plaisirs. Par delà cet aspect mortel, les jeunes cinéastes d’A propos de Nice ont voulu dégager le devenir d’une cité. »

« A propos de Nice » va bien au delà d’un documentaire sur la ville de Nice, mais vise la société dans son ensemble. Et Vigo, dans sa présentation du film, en parle sans ambiguïté :

Dans ce film, par le truchement d’une ville dont les manifestations sont significatives, on assiste au procès d’un certain monde. En effet, sitôt indiquée l’atmosphère de Nice et l’esprit de la vie que l’on mène là-bas – et ailleurs hélas – le film tend à la généralisation des grossières réjouissances placées sous le signe du grotesque, de la chair et de la mort; et qui sont les derniers soubresauts d’une société, qui s’oublie jusqu’à vous donner la nausée et vous faire complice d’une solution révolutionnaire. […]» Jean Vigo, In Vers un cinéma social, Présentation de A propos de Nice, discours  prononcé par Jean Vigo au Vieux-Colombier, le 14 juin 1930.

 

 

Plus récemment, quelques films ont été tournés

Outre le plus célèbre d’entre eux, Fellini Roma (1972) qu’on ne peut pas ne pas citer, quelques œuvres moins connues :

  • Nice Time( Un peu de bon temps ou Piccadilly la nuit ) de Claude Goretta & Alain Tanner

Vers le milieu des années 50, Claude Goretta et Alain Tanner travaillent au British Film Institute, dans lequel ils passent toutes leurs soirées. Impressionnés par leur culture cinématographique  les directeurs des lieux les embauchent comme assistants. A cette occasion,  Alain Tanner et Claude Goretta  rencontrent Lindsay Anderson et les autres membres du Free Cinema, ainsi que les critiques John Berger et Derek Prouse. Le succès des deux premiers programmes Free Cinema les pousse, en septembre 1956, à demander au BFI Experimental Film Fund une subvention pour réaliser leur propre film. Le sujet en est :  un samedi soir typique à Piccadilly Circus, à  Londres. Leur référence première est Jean Vigo et ils veulent produire un « point de vue documenté »

 

Free Cinéma

La bourse qu’ils obtiennent ne leur permet pas de constituer une équipe. Néanmoins, le film est tourné en 25 samedis soir ; le montage dure des mois dans une chambre. Ils y ajoutent une bande son mixée dans un grenier.

 Composée de musique populaire, sons urbains et extraits de musiques/dialogues des films qui passaient dans les cinémas de Piccadilly Circus à l’époque, ainsi que de sons « in », mais non synchrones.

Devenu l’une des références du Free Cinema et du plus largement du cinéma direct, le film recevra le prix du documentaire expérimental à la Mostra de Venise en 1957.

On peut voir ici un extrait du film :

  • Amsterdam, Global Village (Johan van der Keuken, 1996)

Ce qu’en dit Arte :

 

« Au cours de ce voyage labyrinthique, la caméra de Johan van der Keuken se promène le long des canaux, dans les rues, les parcs…Lors de ce tour du monde effectué dans sa propre ville, il rencontre des gens de tous âges, venant des quatre coins du monde… Le héros du film s’appelle Khalid. C’est un jeune coursier que le spéctateur suit au gré des livraisons de sa précieuse cargaison de films et de photos. Johan van der Keuken retourne aussi aux origines lointaines de certaines de ses rencontres : il suit l’homme d’affaires tchétchène Borz-Ali dans Grozni en guerre; il accompagne Roberto dans son village natal, en Bolivie, voir sa mère qui le croyait mort; la caméra suit une femme juive et son fils qui retournent dans la maison où elle le retrouva à la fin de la guerre après trois douloureuses années de séparation... »

Ce film est également un voyage au coeur de la musique : DJ 100% Isis et sa House Music, un enterrement ghanéen, Riccardo Chailly au Concertgebouw.

le film :

 

 

    • À l’Ouest des Rails ( Wang Bing, 2003)

De 1999 à 2003, A Shenyang,  Tie Xi est un gigantesque complexe industriel né au temps de l’occupation japonaise. Il a ensuite prospéré jusqu’à compter un million d’ouvriers avant 1990. Wang Bing a filmé de 1999 à 2001 la lente agonie des usines et des hommes dans l’effondrement final d’un système obsolète.

A l’Ouest des rails

 

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